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” NOUVELLE ZÉLANDE : LE VIN AU PAYS DES KIWIS “

Le vin au pays des kiwis

[Nota bene : le kiwi ici ne désigne pas le fruit mais un oiseau natif de Nouvelle-Zélande, l’un des symboles du pays. Ce sobriquet a été utilisé à partir de la première guerre mondiale pour décrire les habitants de l’île.]

Imaginez-vous devant un lac à l’eau turquoise, sur laquelle danse le reflet des montagnes aux sommets enneigés, qui surplombent des plaines rythmées par des rangs de vignes à perte de vue. Le tout, sous un vif soleil, nuancé par une brise marine rafraîchissante. Où êtes-vous ? En Nouvelle-Zélande bien sûr ! Un compromis parfait entre le « nouveau monde » et le « vieux monde », un pays dont les vins combinent une exubérance de fruit si caractéristique des premiers, et la fraîcheur naturelle des derniers. La réputation des vins de ce pays, qui compte 5 millions d’habitants contre 30 millions de moutons, ne cesse d’augmenter, et son Sauvignon blanc colonise les étals des cavistes et supermarchés partout dans le monde. C’est d’ailleurs bien à ce cépage que la Nouvelle-Zélande doit sa notoriété. Ou peut-être est-ce l’inverse ? Il reste que c’est ici qu’on fait le Sauvignon blanc le plus célèbre du monde. Lorsque j’avance cette observation les esprits s’échauffent : « Et Sancerre alors, et Pouilly Fumé ? » Certes, la Loire cultive ce cépage depuis bien plus longtemps, mais qui, hormis quelques connaisseurs, sait que le Sancerre blanc est composé exclusivement de Sauvignon blanc ? Tout amateur, en revanche, sait que la Nouvelle-Zélande le cultive, il s’agit de la première information sur l’étiquette de ses vins ! À tel point que certains consommateurs le croient néo-zélandais ! Le Sauvignon blanc de Nouvelle-Zélande est bel et bien devenu une marque à part entière.

Quelques données

Aujourd’hui, la vigne a colonisé le pays du nord au sud, sur 1 600 km de long. Néanmoins, c’est un petit pays viticole par sa surface, il compte 41 603 hectares de vigne, le tiers de la surface du vignoble bordelais. Il produit moins de 1 % de la production vinicole mondiale mais exporte plus des 2/3 de sa production. Le Sauvignon blanc représente 26 559 hectares à lui tout seul, soit 64 % de la surface plantée, et 85 % des exports. La majorité est vinifiée dans le style frais et exubérant de Malborough. Le Pinot noir a dépassé le Chardonnay il y a quelques années, pour devenir le deuxième cépage emblématique du pays, vinifié dans des styles aussi différents que ceux de Martinborough et du Central Otago. Viennent ensuite le Riesling, sec ou doux, ainsi que le Pinot gris, qui connaissent tous deux de plus en plus de succès, notamment dans l’île du Sud. Les cépages bordelais ainsi que la Syrah sont bien entendu cultivés mais le climat ne le permet pas toujours. 

Le secret de la Nouvelle Zélande : un climat frais et un soleil éclatant

La Nouvelle-Zélande, c’est deux petites îles, perdues au milieu de l’océan. Le climat y est donc plus frais que les latitudes le suggèrent. Et les vendanges, dans ce pays qui a la tête en bas, prennent place entre février et mai, parfois même en juin pour le Central Otago. La majorité des vignobles sont répartis sur la côte est, la côte ouest étant trop humide pour la viticulture. Le Nord a un climat subtropical, le Sud, quant à lui, n’est pas très loin de l’Antarctique ! Les sols, quand ils ne sont pas trop drainants et nécessitent l’irrigation, sont souvent riches et la pluviométrie parfois élevée. Le grand défi du pays a donc été de mettre en place des techniques viticoles permettant de lutter contre les problèmes de vigueur. C’est ici que Richard Smart entre en scène. « The flying vine doctor », expert pour la viticulture auprès du gouvernement néo-zélandais entre 1982 et 1990, a révolutionné la viticulture grâce à ses travaux sur le canopy management, dont les méthodes vont largement améliorer la qualité des vins du pays.

Un peu d’histoire

S’il est un pays qui mérite le nom de pays « néo-viticole », c’est bien la Nouvelle-Zélande. La viticulture y a été introduite par les colons, comme dans le reste du monde, mais seulement il y a deux petits siècles. Les premières vignes sont plantées en 1819 dans la Bay of Islands, au nord d’Auckland, par le révérend Samuel Marsden, un missionnaire protestant britannique. Comme ailleurs, la vigne y est plantée afin de mener l’évangélisation des indigènes. 

James Busby, le « père de la viticulture » en Australie – il y a introduit, quelques années plus tôt, une collection de boutures en provenance d’Europe – va établir en 1836 non loin de là, un vignoble à vocation commerciale. La viticulture se répand petit à petit dans le pays mais son développement est vite stoppé par l’arrivée du phylloxera dès 1885. Le vignoble est progressivement replanté de cépages hybrides, comme on en cultive en France à la même époque, ou encore de cépages très productifs, comme le Müller-Thurgau. Ce n’est qu’un siècle plus tard que les Néo-Zélandais découvrent le potentiel de leur pays pour la viticulture. 

La révolution 

Ce qui va propulser la Nouvelle-Zélande sur les devants de la scène viticole internationale, c’est le succès des vins de Malborough, dans l’île du Sud, jusqu’alors considérée comme trop fraîche pour y accueillir la vigne. En 1973, les premiers hectares de vigne y sont plantés par la société Montana, aujourd’hui devenu Brancott Estate (Pernod Ricard). En 1979, le premier Sauvignon blanc est commercialisé. Très vite, Montana est suivi par l’Australien David Hohnen, alors à la tête de Cape Mentelle à Margaret River, qui fonde Cloudy Bay en 1985. Conseillé par Richard Smart, il met au point une recette qui deviendra l’une des plus grandes « success story » de l’industrie. 

Le Sauvignon blanc de Nouvelle-Zélande, un Sancerre sous stéroïdes

C’est son exubérance qui fait la particularité du Sauvignon de Nouvelle-Zélande. Selon certains spécialistes, cette explosion aromatique pourrait s’expliquer, entre autres, par l’ensoleillement exceptionnel de cette partie du monde, où la couche d’ozone est fragile et les indices UV parfois supérieurs de 40 % à ceux de certaines zones de l’hémisphère nord. À titre d’exemple, la vallée principale de Malborough Te Wairau, produit des fruits mûrs, intensément aromatiques. Son nom maori « Kei Puta te Wairau » signifie « l’endroit avec un trou dans les nuages ». Le ciel y est dégagé, le soleil intense, les nuits très fraîches. Le résultat : une bombe aromatique, un coup de poing exotique dans le nez. Le Sauvignon blanc de Nouvelle-Zélande, c’est un Sancerre sous stéroïdes, un profil aromatique unique : un contraste stupéfiant entre le caractère végétal et le caractère exotique, souvent obtenu par assemblage de raisins issus de parcelles aux expositions et à la maturité diverses.

Bien que souvent très technologiques, ne présentant généralement que des arômes primaires, ces vins sont complexes, offrant une vaste palette aromatique : agrumes : pamplemousse, citron vert ; des arômes de la famille végétale : poivron vert, herbe fraîchement coupée, asperge, buis, groseille à maquereau ; de la famille animale : pipi de chat, transpiration ; des fruits exotiques : fruit de la passion, mangue ; de la famille florale : fleur de sureau, fleurs blanches…

La recette magique du « savvy »

C’est une recette commerciale bien rodée : un clone UCD1 (90 % des surfaces) sur porte-greffe, des densités de plantation très faibles (2 000 pieds à l’hectare contre 7 000 pieds en moyenne à Sancerre), des rendements beaucoup plus élevés (de l’ordre de 75-85 hl/ha, parfois jusqu’à 110 hl/ha, contre 65 maximum autorisé à Sancerre) dans le vignoble. 

Le sauvignon blanc de Malborough vise à exprimer un caractère variétal davantage que son terroir. De ce fait, les levures commerciales qui permettent d’exalter ce caractère sont monnaie courante. Les vins sont fermentés à basse température, dans des cuves inertes et dans des conditions de protection contre l’oxygène rigoureuses, on veut préserver le fruité à tout prix. Le caractère végétal et une acidité élevée sont généralement compensés par une pointe de sucres résiduels. La mise en bouteille est immédiate et les vins sont obturés par une capsule à vis, comme pour 90 % de la production néo-zélandaise. 

Le succès de ces vins est tel que ce style est devenu une référence internationale. Au point qu’en 2003, certains producteurs sud-africains se sont fait pincer pour avoir ajouté des arômes artificiels de poivron vert dans leurs vins pour en augmenter l’attractivité sur le marché international ! 

La Nouvelle-Zélande du nord au sud

Au nord d’Auckland, malgré un climat subtropical peu propice, la vigne a d’abord été plantée par des pionniers croates. Une couverture nuageuse permet de tempérer un climat autrement trop ensoleillé. La pluie lors de la récolte et les maladies cryptogamiques sont un problème. L’île paradisiaque de Waiheke, à une petite heure de ferry d’Auckland, offre de meilleures conditions et est la source de très jolis assemblages de style bordelais. 

Gisborne, sur la côte est, a longtemps été une des trois plus grosses régions de production du pays, mais a récemment été dépassée par le Central Otago, au succès grandissant. Par ailleurs, son cépage phare, le Chardonnay, souffre de la demande croissante pour le Sauvignon blanc et le Pinot gris cultivés dans les régions fraîches de l’île du Sud et Gisborne a progressivement été désertée par les gros producteurs. 

Située plus au sud, la réputation de Hawke’s Bay s’est construite grâce au Cabernet sauvignon. Une série de millésimes très réussis dans les années 1990 a prouvé que la région pouvait soutenir la comparaison avec Bordeaux, bien que les températures moyennes y soient moins élevées. Le Cabernet Sauvignon y peine donc parfois à arriver à maturité optimale et a souvent besoin du renfort du Merlot, qui l’a progressivement remplacé. Les Gimblett Gravels, 800 hectares de sols graveleux, situés dans l’ancien lit de la rivière Ngaruroro, constitue l’emplacement le plus adapté aux cépages noirs, et a fait l’objet d’une série d’investissements frénétiques dans ces mêmes années. C’est une des rares régions viticoles du monde, avec les Graves à Bordeaux, à tenir son nom de son sol. La Syrah y montre aussi beaucoup de potentiel, et des airs de la vallée du Rhône.

En poursuivant notre périple, quelque 250 km plus au sud, on rencontre Wairarapa. Cette région, dont le nom maori signifie « les eaux scintillantes », probablement en référence à ses nombreux lacs, a été la première à se faire connaître pour ses vins de Pinot noir. Martinborough, la plus célèbre de ses sous-régions, est protégée des intempéries par la chaîne de montagne à l’ouest, ce qui lui offre des conditions saines de culture malgré des températures basses. Les rendements y sont les plus faibles du pays et les vignes sont essentiellement exploitées par de petits producteurs soucieux de la qualité et de l’idée de terroir. Les vins y sont très bourguignons et vifs, grâce à un climat toujours frais.

En franchissant le détroit de Cook, une traversée magique à la tombée de la nuit, on arrive dans l’île du Sud. En passant Malborough, qui a fait la réputation du pays et représente plus de 70 % de la surface viticole du pays, on arrive à Canterbury plus au sud, qui relègue le Sauvignon blanc à la 4e place, derrière le Pinot noir, le Chardonnay et le Riesling, de plus en plus cultivés dans cette partie de l’île. Les étés sont longs et secs avec des vents constants, ce qui permet de garder les raisins sains.  L’eau manque et il faut généralement irriguer. Les vignobles immédiatement à proximité de Christchurch sont très exposés aux intempéries mais Waipara à une heure de route au nord est mieux protégée par les montagnes. Le vignoble est essentiellement composé de « boutique wineries », de tout petits producteurs. 

Nous terminons notre « road trip » dans la région viticole la plus au sud du monde : le Central Otago, qui ne comptait qu’une poignée de producteurs il y a une dizaine d’années et est devenue en peu de temps la troisième région du pays en surface. Le climat y est continental, ce qui, de ce point de vue, la démarque de toutes les autres. Les étés y sont très ensoleillés et secs mais les températures sont basses et le gel est un risque toute l’année. Son cépage signature est le Pinot noir. Il profite ici de beaucoup de soleil et offre un fruité exubérant avec des volumes alcoométriques souvent hauts. 

Pour ce pays du bout du monde, l’isolement est un challenge. Les coûts de production peuvent parfois être très élevés, notamment à cause de l’importation de certaines matières premières, levures, barriques, bouchons etc… Pourtant, cela n’a pas empêché la Nouvelle-Zélande de rejoindre les rangs des pays viticoles de renom, et nombreux sont les professionnels, actifs ou à venir, qui se pressent pour découvrir ses vins et ses techniques viti-vinicoles. La majorité de la production est dominée par de grandes entreprises, mais à côté de ces géants, de tout petits vignerons se distinguent par leurs vins, qu’il faut malheureusement aller déguster aux antipodes pour en avoir la preuve !

Écrit par Annabelle Mispelblom Beijer

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