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Le beaujolais nouveau arrive !

Arrêté du 8 Septembre 1951- Commercialisation des vins de la récolte 1951 : Art 2. Les producteurs ne sont autorisés à faire sortir de leurs chais, les vins de la récolte 1951, bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée ou de l’appellation régionale Vins d’Alsace, qu’à dater du 15 décembre 1951.

Voici l’arrêté à l’origine du Beaujolais Nouveau !

Il n’en fallait pas moins aux viticulteurs du Beaujolais pour s’allier et se révolter pour faire changer la donne. Et bien comme vous le savez, ils ont réussi puisque vous célébrez (ou pas) tous les ans en Novembre, le troisième jeudi du mois exactement, ce vin rouge léger et très fruité… Retour sur la genèse de l’événement…

On fait du vin en Beaujolais depuis l’Antiquité, à l’époque pas question de vin nouveau, loin de là. Le vin et surtout la culture de la vigne furent amenés par les Romains sur toute la vallée du Rhône jusqu’à la vallée de la Saône. D’ailleurs plusieurs lieux et appellations tirent leurs noms de personnages de cette époque (le Mont Brouilly-du nom de Brulius qui administrait la zone et Juliénas-du nom de Jules César dont les troupes de l’armée occupaient la zone).

Pendant très longtemps la région du Beaujolais était administrée par la Province de La Grande Bourgogne dont elle faisait partie intégrante, du moins jusqu’à la Révolution. En effet, après la Révolution, la France fut divisée en Régions et Départements et non plus en Provinces. Par conséquent le Beaujolais se retrouve à cheval sur deux départements qui dépendent chacun d’une région distincte…. Vous trouvez ça compliqué ? C’est normal, on aime bien ça en France. Tout ça pour dire qu’avant la Révolution le Beaujolais faisait partie de la Bourgogne mais que depuis, ça n’a plus été le cas.

Le Beaujolais doit son essor à la ville de Lyon, un peu plus au Sud, qui permis à ces vins d’inonder le marché de la région. Effectivement les vins d’autres régions viticoles étaient plus taxés à l’époque, de quoi développer la consommation locale ! Et qui dit plus de consommation pour un produit dit besoin de produire plus, ce qui implique plus de plantation de vignes.

 

Ceci nous amène tranquillement dans le XIXème siècle où le développement industriel, et notamment l’avènement des chemins de fer, permit aux vins du Beaujolais d’atteindre la clientèle de la capitale plus rapidement et de manière plus sûre. Paris devint alors l’Eldorado des vins du Beaujolais. Dans les années 30 huit des dix crus du Beaujolais actuels furent créés (les deux autres rejoignirent le palmarès dans les années 40 et fin des années 80).

À cette époque les viticulteurs du Beaujolais avaient pour habitude de produire un vin de la vendange de l’année et d’en envoyer à leurs clients sur Lyon et Paris. Ces vins étaient très légers, fruités et digestes. Ils avaient à vocation de présenter le nouveau millésime et de faire patienter la clientèle jusqu’à ce que les autres cuvées soient disponibles et surtout de satisfaire la soif débordante qu’ils provoquaient dans la capitale. Il y avait également un intérêt financier qui permettait aux viticulteurs de rentrer un peu de trésorerie après les vendanges.

Mais voilà que le 8 septembre 1951, patatras, le fameux arrêté du Ministre de l’Agriculture mis le feu aux poudres. Il était alors impossible pour les vignerons de vendre leur production récente, nouvelle, avant le 15 décembre de la même année. Situation problématique pour les artisans du Beaujolais qui avaient leurs vins quasiment prêts à être expédiés. Rappelons que même à l’époque ces vins jeunes n’étaient pas destinés à la garde mais pour une consommation immédiate. Après plusieurs protestations et mobilisations, les vignerons du Beaujolais obtinrent gain de cause et une note datant du 13 novembre 1951 fut adjointe à l’arrêté du 8 septembre : la commercialisation de certains vins est autorisée avant la date butoir fixée initialement, à condition d’afficher « nouveau » sur l’étiquette des bouteilles. C’est ainsi que le 15 novembre 1951 les tous premiers Beaujolais Nouveau virent le jour.

La date du 15 novembre fut conservée jusqu’en 1985 où elle se changea en troisième jeudi du mois par soucis de confort administratif et de praticité (imaginez la sortie du vin nouveau un Dimanche où tout est fermé…) ; à minuit précise exactement. Cette décision a définitivement inscrit la sortie du Beaujolais Nouveau en jour de fête.

La devise « Le Beaujolais Nouveau est arrivé ! » fait le tour du monde depuis, à travers 110 pays, de Paris à New-York, en passant par Tokyo (si si dans ce sens c’est possible aussi). Le Japon qui est d’ailleurs LE consommateur numéro un de Beaujolais Nouveau dans le monde. Rendez-vous compte, les vins sont expédiés en avion pour arriver en quelques jours au lieu de quelques mois en bateau… Cela va-t-il continuer avec l’enjeux climatique que l’on connait tous ?

Voilà pour l’origine du phénomène beaujolais nouveau, mais qu’en est-il du vin en lui-même ?

Le cépage exclusif (à 98%) est le Gamay à jus blanc dans le Beaujolais. Ce cépage est assez précoce, ce qui permet donc de le vendanger assez tôt dans la saison tout en garantissant une maturité adéquate. Il exprime des arômes très fruités et frais de cerises, framboises, fraises et canneberge. Et là vous allez me dire, mais il n’y a pas la banane, le bonbon anglais ? Alors oui et non… Ces arômes-là sont une conséquence d’une technique de vinification et ne sont pas propres intégralement au cépage. Quand un vin est fait en utilisant une macération carbonique et/ou semi-carbonique il présentera plus ou moins ces arômes qui peuvent ne pas paraître naturels.

Pour la faire courte, la macération semi-carbonique dont doit être issu le Beaujolais Nouveau permet l’occurrence d’une fermentation enzymatique intracellulaire dans chaque baie de raisin. Cela provoque le développement d’arômes spécifiques à ce phénomène, arômes de banane, de bonbon anglais. Ensuite les raisins sont pressés et la fermentation alcoolique peut s’effectuer uniquement avec le jus. Pour cette raison les vins issus de cette technique ont une intensité de couleur modérée, des tannins légers et un fruité très concentré relevé par une vive acidité. Un vin idéal à boire légèrement frais et dans sa jeunesse.

Vous pensez peut-être que tous les Beaujolais Nouveaux sont identiques… Et bien non, les 96 Villages en Beaujolais sont autorisés à en produire… Multiplié par le nombre de vigneronnes et vignerons… La production globale de Beaujolais Nouveau représente le tiers de la production totale en vin de la région.

Le terme « nouveau » ou « primeur » n’est pas une AOC, c’est un terme qui doit être associé à deux AOC, l’appellation Beaujolais d’une part (plus gros volumes) et l’appellation Beaujolais-Villages d’autre part (volumes moins important).

Enfin il existe d’autres régions en France où des vins en « primeur » sont autorisés et produits ! Dans le gaillacois avec le Gaillac primeur issu lui aussi de Gamay ; en Côtes du Rhône avec le Côtes du Rhône nouveau (ou primeur) rouge issu majoritairement de Grenache et en Loire avec l’AOC Touraine Gamay Primeur (Touraine Gamay) issu de Gamay.

Et vous, vous allez faire quoi le 17 Novembre ?

Gauthier Bernardo Diploma WSET

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