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« L’autre sommet des Pyrénées »

En 1936 lors de la création des Appellations d’Origine Contrôlée (AOC), elle figurait parmi la liste des toutes premières désignées. Restée dans l’ombre d’autres appellations prestigieuses comme Sauternes elle a malgré tout traversé les âges et revient en force depuis quelques années. Aussi appelés « Bi dou Rei, Rei dou bi », vin du Roi, Roi des vins en béarnais, les vins blancs de l’AOC Jurançon tiennent une place particulière dans mon cœur. Sans doute parce que j’y suis né, sans doute parce que je suis entouré de ces belles personnes qui ont su apprivoiser les Manseng et surtout parce que d’un point de vu objectif ces vins rassemblent toutes les composantes qui font d’un vin toute sa splendeur. Je parle de ce fameux équilibre sucre/acidité mais pas que, les vins secs de l’appellation magnifiant la puissance aromatique et la fraîcheur des Manseng (surtout le Petit).

Vous l’aurez compris nous allons parler des vins du Jurançon !

Un peu d’Histoire :

Il existe des traces du vignoble jurançonnais aussi loin que l’époque romaine mais en ces temps le vin ne ressemblait pas à ce qu’il est aujourd’hui. La légende dit que Henri IV fut baptisé selon la tradition béarnaise, en lui humectant les lèvres de Jurançon après les avoir frottées d’une gousse d’ail. Cela assurait force et vigueur. Le bon Roi Henri fit bon usage de ce vin pendant son règne et lui assura une belle visibilité.

Les différentes guerres et surtout la crise du phylloxéra à la fin du XIXème siècle mirent un coup d’arrêt à la production.

Ce n’est qu’après la Grande Guerre que poussé par de nombreux vignerons, le vignoble jurançonnais se reconstruisit. 

1936 : l’AOC Jurançon voit donc le jour, désignant uniquement les vins blancs doux et moelleux. 

1949 : un groupe de viticulteurs s’associent en coopérative pour créer ce qui est aujourd’hui la Cave de Gan-Jurançon. Cette cave coopérative rassemble pas moins de 300 viticulteurs et exploite 750 hectares des 1300 de l’appellation.

1973 : l’AOC Jurançon Sec voit le jour suite à une succession d’imprévus météorologiques qui rendaient la production des vins doux difficile.

1985 : un groupe de vignerons et ex-coopérateurs créent ce qui s’appelle aujourd’hui « Les Vignerons du Jurançon », une association qui regroupe une soixantaine de vignerons indépendants totalisant 550 hectares sur les 1300 de l’appellation.

À titre de comparaison le vignoble du bordelais représente plus de 110 000 hectares…

Une « petite » appellation faite de grands vins !

Un terroir unique :

Gauthier Bernardo
Gauthier Bernardo

 La magie de ce territoire provient du microclimat qui existe grâce aux montagnes des Pyrénées. Trônants en toile de fond de presque toutes les vignes, ces pics et sommets sont un atout indispensable.

Le vignoble est situé sur les collines ondulantes du piémont, flirtant les 350m d’altitude par endroit. La formation des reliefs n’étant pas homogène on aperçoit des différences de sols dans l’appellation. Cette dernière s’étant d’Est en Ouest, de Gelos à Lucq-de-Béarn, en passant par Chapelle de Rousse et Monein. 

 Sur les vignobles situés à l’Ouest les sols sont composés en majorité par des argiles, des galets et graviers avec une forte proportion d’argiles, le fameux « poudingue » de Jurançon. Plus à l’Est on retrouve ce type de sol mais avec une proportion plus importante de calcaire.

Ces différences jouent un rôle particulier dans le style des vins produits.

L’autre paramètre qui permet de produire ces vins uniques est le climat. La zone est proche de l’Océan Atlantique ce qui donne des précipitations régulières tout au long de l’année (jusqu’à 1200mm par an !), on parle d’influence maritime. Attention qui dit précipitations dit humidité et qui dit humidité dit maladies cryptogamiques (l’oïdium, le mildiou, etc… autrement dit les champignons). Cela n’est pas le bienvenu à la vigne que ça soit ici ou ailleurs. 

Pour pallier à cette humidité les vignes sont conduites assez haut comparé à d’autres régions viticoles, ce type de conduite s’appelle le « hautain » et est typique des régions viticoles humides. Cela permet d’avoir une zone fructifère éloignée du sol, à plus de 1 mètre de haut. C’est bon pour la vigne et aussi pour le dos des vendangeurs…et cela permet à la vigne d’être bien exposée au soleil.

Et les cépages dans tout ça ? On en compte 5 autorisés par l’AOC : le Petit Manseng et le Gros Manseng sont majoritaires à plus de 95% puis on trouve d’autres cépages autochtones comme le Courbu (petit et gros), le Camaralet et le Lauzet. Ces cépages du piémont sont bien adaptés à leur terroir et permettent de le mettre en valeur.

 Le Petit Manseng est considéré comme le roi de l’appellation, descendant du Savagnin du Jura, il a la peau épaisse et des grappes assez lâches ce qui le rend résistant aux attaques de champignon. Son acidité tout comme son taux de sucre sont naturellement élevés et il lui faut du temps pour murir. Il est donc le candidat parfait à la production de vins naturellement doux, mais pas que ! C’est un cépage aromatique qui exprime des notes de pêche, de miel, de fruits exotiques comme l’ananas et la mangue et aussi quelques notes d’épices douces. Il peut être utilisé seul ou en assemblage dans les vins.

Gauthier Bernardo

Le Gros Manseng est un descendant du Petit Manseng. Ses baies sont plus grosses et moins épaisses que celles de son cousin. Il est donc un peu plus sensible. Son acidité et son taux de sucre sont aussi élevés. Il est aussi plus productif mais tout en gardant une bonne qualité produisant des arômes plus sur les agrumes et les épices douces. Il peut être utilisé seul ou en assemblage dans les vins.

Le Courbu est utilisé en assemblage, en complément dans les vins. Son taux de sucre est élevé mais son acidité est inférieure à celle des Manseng. Il apporte des arômes d’agrumes, de pamplemousse.

Le Camaralet est un ancien cépage qui a été réintroduit il y a une dizaine d’années dans l’appellation par quelques vignerons indépendants. Il demande beaucoup d’attention à la vigne et produit peu. Il apporte dans les assemblages peu d’alcool et des notes de pêche, de miel et de fenouil.

Le Lauzet est aussi un ancien cépage remis au goût du jour. Tout comme le Petit Manseng il lui faut du temps pour mûrir. Il apporte dans les assemblages du corps, des notes d’épices et une acidité élevée.

Du côté des vins :

Rappelez-vous l’AOC Jurançon ne traite que des vins blancs doux ou moelleux, des vins qui ont donc un taux de sucre résiduel au minimum de 40g/L (imposé par l’appellation). Ils doivent être composés de 50% minimum de Petit Manseng et/ou de Gros Manseng. On peut donc trouver des vins constitués à parts égales des deux Manseng. On peut aussi trouver des vins constitués de 50% de Petit Manseng (ou Gros Manseng) + du Camaralet, du Lauzet et du Courbu. Cela donne donc une grande diversité de vins que l’on retrouvera chez les vignerons indépendants de l’appellation.

Gauthier Bernardo

Deux styles se dégagent malgré tout :

  • Un style « jeune » élaboré à majorité à partir de Gros Manseng et des cépages auxiliaires qui donnera des vins très frais, très faciles à boire. L’accent étant ici mis sur l’équilibre acidité/sucre. Ces vins sont vivifiants, avec des notes d’agrumes tout en ayant une pointe de gourmandise.
  • Un style plus traditionnel où le Petit Manseng sera mis en avant, l’équilibre acidité/sucre étant aussi présent mais ici on aura plus de rondeur, de complexité et de profondeur. Un élevage en barrique pourra être observé pour ces styles, au bon vouloir du vigneron. Ces vins peuvent être gardés longtemps.

 Pour les vins en AOC Jurançon Sec les mêmes règles s’appliquent. La différence ici est que les raisins sont vendangés plus tôt (ou pas dans certains cas) et que les fermentations sont poussées jusqu’à la fin. L’AOC impose un taux de sucre maximum de 4g/L. Les Jurançon Secs sont donc réellement secs !

On trouve également 2 styles à nouveau sur la même base que précédemment. Ici on peut apprécier toute la subtilité des Manseng, leur côté agrumes et leur acidité rafraichissante. Le Petit Manseng tire son épingle du jeu en donnant des vins secs élevés en barrique. La concentration des arômes comme la pêche, l’ananas, l’acacia, un côté « minéral » et l’utilisation de fûts de chêne contribuent à la complexité de ces vins. Leur acidité leur donne fraîcheur mais aussi longévité pour qui arrive à les garder.

Depuis 1996 l’AOC Jurançon peut utiliser la mention « Vendanges Tardives ». Cela veut dire que les raisins doivent être ramassés à la main après le 10 Novembre par tries successives. Ils présenteront des concentrations en sucre bien plus élevées que leurs homologues. Ce sont des vins naturellement doux avec une forte complexité.

Soucieux de leur impact sur leur environnement et de leur territoire les vignerons de l’appellation sont déjà nombreux à adopter des modes d’agricultures moins impactantes. Plus des ¾ des vignerons indépendants sont en agriculture biologique, biodynamique ou en conversion bio. 

Ils s’adaptent également aux changements de consommation en produisant toujours plus de vin en AOC Jurançon Sec qui représente 1/3 de la production aujourd’hui.

Vous l’aurez compris il n’existe pas UN mais plusieurs vins de Jurançon qui sauront satisfaire tous les goûts !

Gauthier Bernardo DipWSET

Crédit photos Wine Wander              *« L’autre sommet des Pyrénées » – Les vignerons du Jurançon

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