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Les climats bourguignons : un patrimoine classé UNESCO

Le 4 juillet 2015, les climats bourguignons ont été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO dans la catégorie des « Paysages culturels ». C’est la consécration de dix années de travail pour la région et ses représentants avec en tête de cortège M. Aubert de Vilaine, figure emblématique de la région et copropriétaire du domaine de La Romanée Conti. Mais alors, que doit-on comprendre lorsque l’on parle de « climats » en Bourgogne ?

 Les climats sont nés des conditions naturelles des sols, de leur exposition au soleil ou aux vents et du travail des hommes qui les a façonnés, révélés et hiérarchisés au cours d’une longue histoire qui remonte à l’époque gallo-romaine. Cette spécificité de « climats » est unique au monde. Il ne s’agit donc pas de faire référence au climat vu du ciel mais bien de la qualité des sols avec la notion de « terroir ».

Il existe actuellement 1247 climats répartis sur 14 000 ha de vignes environ sur la Côte de Beaune et la Côte de Nuits. On peut tracer un axe partant de Dijon jusqu’à 20 km au sud de Beaune pour représenter la répartition des climats. Les changements géologiques ainsi que l’intervention de l’homme ont eu des rôles déterminants à travers les âges dans le rayonnement de la Bourgogne en tant que région viticole.

La mosaïque géologique des climats bourguignons

Colline de Corton

Le sol et le sous-sol sont des variantes très importantes dans la hiérarchisation des parcelles. On quitte le monde actuel pour faire un bond de 30 millions d’années. Par le mouvement des plaques tectoniques, les Alpes telles qu’on les connait se sont soulevées, créant une onde de choc. Le plateau bressan s’effondre pour dessiner le relief des Côtes et Hautes Côtes.

Il y a 170 millions d’années, la Bourgogne était sous l’eau. Ces nombreuses couches sédimentaires dont les dépôts marins doivent leurs présences aux différents effondrements et soulèvements répertoriés. On parle alors de millefeuille tant la diversité des sols est remarquable.

Cette faille géologique a fait principalement remonter à la surface des couches de terrains calcaires, argileux mais également marneux. Si l’on regarde de plus près, l’ossature géologique de la Côte donne tout son sens à l’expression de « mosaïque », en raison des nombreuses failles satellites de la faille principale qui découpent et juxtaposent des couches géologiques d’âges ou de natures différents.

Coté cépages, les grands Pinots Noirs de Bourogne trouvent leur meilleure expression sur les terres marneuses, calcaires et bien drainées. Quant aux grands Chardonnay, on peut les retrouver sur des sols calcaires mais plus argileux. L’expression de certains crus change à mesure que la proportion d’argile varie dans le sol.

La richesse des climats bourguignons à travers le temps

Et la vigne dans tout ça ? On aurait retrouvé des traces écrites d’une vigne datant du 1er siècle à Gevrey-Chambertin. En 2000 ans, il s’est produit de nombreuses phases qui font aujourd’hui rayonner les climats bourguignons à travers le monde.

Le christianisme a été déterminant dans le développement et la hiérarchisation des différents climats. Les communautés religieuses de Bourgogne reçoivent à l’époque des dons de la noblesse locale, souvent sous forme de terres. Elles établissent alors de vastes domaines, agrandis par l’achat de nouvelles parcelles. Les possessions les plus étendues appartiennent à deux communautés : Les moines Cisterciens de l’Abbaye de Cîteaux et les moines Clunisiens de l’Abbaye de Cluny. Ces moines vont alors petit à petit produire des vins de qualité de par le soin apporté à la viticulture et à la vinification. Chaque abbaye va pousser la recherche et garantir une qualité pour entretenir leur renommée.  Les moines professionnalisent et codifient le travail de la vigne, c’est également eux qui vont hiérarchiser les climats selon un modèle encore actuel.

Progressivement, les vins de Bourgogne deviennent un atout politique et économique majeur. C’est pourquoi au 15ème siècle, les vins bourguignons traversent largement les frontières françaises comme en atteste cette affiche du Clos Vougeot.

Ils seront à l’initiative également de constructions comme les clos pour délimiter les parcelles de leurs terres respectives. De nombreux murets seront bâtis pour servir de limites aux parcelles mais également pour lutter contre l’érosion des sols. Si on se ballade aujourd’hui à travers le vignoble, on pourra également tomber sur ces constructions en pierres appelées les Cabottes servant à l’époque d’abris pour ranger les outils.

Tous ces travaux effectués depuis l’époque Gallo-Romaine ainsi que les caractéristiques environnementales du vignoble ont conduit à une nomination dans le temps des parcelles.

Il existe 4 grandes catégories pour nommer les climats portant référence :

  • à la nature des sols (Parcelle « Les Marnée »)
  • au défrichement des terres (Parcelle « Montrachet » en écho au manque de végétation du Mont Chauve)
  • à l’exposition des vignobles (Parcelle des « Larreys » qui signifie « la pente de la colline » en latin)
  • à l’insertion dans le paysage (Parcelle de « La Romanée » en souvenir du passage d’une voie gallo-romaine)

Au cours des XIV et XVeme siècles les Ducs de Bourgogne vont jouer également un rôle très important dans la commercialisation et la réputation du vignoble devenu symbole de gout et de raffinement. Pour cela, ils vont notamment interdire la culture du Gamay et préconiser le Pinot Noir afin de garantir la qualité des vins et se protéger au maximum de la production des vins de consommation courante. Avec le temps, la culture du Gamay est revenue petit à petit jusqu’à l’instauration des Appellations d’Origine Contrôlée en 1935 privilégiant ainsi le Pinot Noir et le Chardonnay.

La valorisation du terroir par les climats bourguignons est un bel exemple de réussite. Certaines régions à travers le monde s’en sont fortement inspirées pour faire connaitre la qualité de leurs vins. L’exemple le plus connu est celui de Central Otago en Nouvelle Zélande avec sa mosaïque de terroirs donnant des Pinot Noirs aux styles différents.

Si vous avez la chance de pénétrer un jour dans l’un de ces clos, dans l’une de ces parcelles bourguignonnes alors vous repenserez peut être à toute l’histoire qui s’est déroulée juste sous vos pieds.

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